Strike au bowling
Le strike, ce sont les 10 quilles de bowling abattues d’un seul lancer. C’est aussi le geste roi du bowleur, celui qui rapporte 30 points sur une seule case. Mais combien vaut-il vraiment, où viser, et combien d’amateurs en font sur une partie ? Voici le guide didactique sans jargon.
Le strike, c’est le geste roi du bowling. Celui qui fait lever les bras, les sourcils et la moyenne du soir. Pourtant, presque tous les joueurs occasionnels le ratent pour les mêmes raisons : ils visent au mauvais endroit, ils lancent trop fort, et ils confondent le strike avec un simple alignement chanceux. Cet article te donne tout ce qu’il faut pour comprendre exactement ce qui se joue dans la « poche » des quilles de bowling, combien le strike rapporte vraiment, et pourquoi la flèche 3 vaut tous les conseils techniques du monde.
Un strike au bowling, c’est abattre les 10 quilles de bowling d’un seul lancer sur la première boule de la frame. Il rapporte 10 points plus le total des deux lancers suivants, soit 30 points maximum par frame. Pour le réussir, vise la flèche 3 (droitier), boule à 14 à 17 km/h, angle d’entrée 4 à 6° dans la « poche » entre les quilles 1 et 3. Le score parfait existe : 300 points, soit douze strikes consécutifs.
Qu’est-ce qu’un strike au bowling.
Le strike est l’événement le plus convoité d’une partie de bowling, mais aussi le plus mal défini par les joueurs occasionnels. Posons-le proprement avant d’aller plus loin.
La définition stricte
Un strike désigne le fait d’abattre les 10 quilles de bowling d’un seul lancer, et plus précisément avec la première boule de la frame. Si tu fais tomber les 10 quilles avec ta deuxième boule, ce n’est plus un strike : c’est un spare (deux gestes différents, deux comptages différents — on y revient plus loin).
Sur la feuille de score, le strike est noté par un X. Il occupe la première case de la frame, et la deuxième case reste vide : tu ne lances pas de deuxième boule, parce que tu n’as plus rien à abattre. La frame est terminée d’un seul jet, et ses points seront calculés une fois que tu auras joué les deux lancers suivants — c’est cette particularité de comptage différé qui fait la magie (et la complexité) du strike.
Une partie de bowling se compose de 10 frames. Sur les neuf premières, un strike clôt la frame en un seul lancer. Sur la dixième frame, c’est différent : un strike t’offre deux boules bonus pour finaliser le calcul, et théoriquement tu peux y enchaîner trois strikes consécutifs. Le détail complet du calcul frame par frame est traité dans le guide du règlement complet du bowling.
Pourquoi dit-on « strike » au bowling ?
Le mot vient de l’anglais « to strike », qui signifie frapper mais aussi, dans un sens plus ancien et précis, abattre tout d’un coup. C’est ce sens-là — l’idée d’une action décisive, instantanée, qui règle tout — qui s’est fixé dans le bowling américain au tournant du XXe siècle. Le strike, c’est littéralement le coup qui « fauche » la rangée entière en un seul mouvement.
Le terme s’utilise dans plusieurs disciplines : la finance parle de strike price (prix d’exercice d’une option), la boxe d’un striking blow, le syndicalisme anglais d’une strike (grève). Dans tous les cas, l’idée commune est celle d’un acte unique et tranché. Au bowling, c’est ton bras qui frappe — par boule interposée — et qui fauche les quilles de bowling d’un coup.
À ne pas confondre non plus avec Strike, le jeu de société dés Ravensburger, ni avec la chaîne australienne Strike Bowling, ni avec Lucky Strike (cigarettes). Dans cet article, « strike » désigne uniquement le coup qui abat les 10 quilles de bowling. Référence encyclopédique : la fiche Wikipédia du strike au bowling.
Combien vaut un strike au bowling.
C’est la question qui revient le plus, et celle dont les joueurs amateurs se trompent le plus souvent. La réponse a trois étages.
Le calcul de base : 10 + bonus des deux lancers suivants
Un strike rapporte 10 points pour la frame en cours, plus le total de tes deux prochains lancers. Ce bonus est la spécificité forte du strike : il convertit ta réussite en multiplicateur. Plus tu enchaînes de strikes, plus la valeur de chaque strike précédent grimpe.
Prenons un exemple chiffré. Sur la frame 4, tu fais un strike. Tu joues ensuite la frame 5 avec deux lancers : 7 quilles de bowling puis 2 quilles de bowling, soit 9 points. La frame 4 vaut alors 10 + 7 + 2 = 19 points. Si à la frame 5 tu avais fait un nouveau strike puis 6 quilles à la frame 6, ta frame 4 vaudrait 10 + 10 + 6 = 26 points.
Le strike est donc un investissement à terme : tu n’en connais la vraie valeur qu’en jouant les deux frames suivantes.
Double, turkey, hambone et compagnie
Le bowling américain a inventé un vocabulaire chiffré pour célébrer les enchaînements de strikes. Voici ce que tu entendras dans une salle un peu ferveure ou sur les retransmissions de la PBA et son glossaire officiel.
| Enchaînement | Nom officieux | Vocabulaire alternatif |
|---|---|---|
| 2 strikes consécutifs | Double | — |
| 3 strikes consécutifs | Turkey | « Trois dindes » (héritage de tournois US fin XIXe qui offraient une vraie dinde au bowleur) |
| 4 strikes consécutifs | Four-bagger | Hambone (familier US) |
| 5 strikes consécutifs | Five-bagger | « Brace » dans certains cercles |
| 6 strikes consécutifs | Six-pack | « Wild turkey » |
| 12 strikes consécutifs (partie parfaite) | Perfect game ou 300 | « Thanksgiving turkey » dans certaines salles |
Au-delà de l’anecdote, ces enchaînements ont une mécanique de scoring spécifique. Un double (X-X) suivi de 8 quilles : la première frame vaut 10 + 10 + 8 = 28, la seconde vaut 10 + 8 + 0 = 18 (si le second lancer de la 3e frame est de 0, ce qui est rare). Un turkey complet propulse la première frame à 30 points pleins.
Le maximum théorique : 30 points par frame, 300 sur la partie
La règle est simple à mémoriser : un strike vaut 30 points maximum. Cette borne s’atteint quand les deux lancers qui suivent sont eux aussi des strikes, donc 10 + 10 + 10 = 30. Aucune frame ne peut rapporter plus que 30 points sur une feuille de score officielle USBC ou FFBSQ.
Sur l’ensemble de la partie, le maximum absolu est donc 300 points, atteint uniquement par douze strikes consécutifs : dix dans les frames classiques, plus deux strikes bonus de la dixième frame. C’est ce qu’on appelle le perfect game. On en reparle longuement en partie 7 — il est moins rare qu’on ne croit, mais bien plus rare que les pros le laissent croire.
Ce qui se passe dans les quilles.
Comprendre où la boule entre, et comment la cascade s’enclenche, change radicalement ta façon de viser. Tout dépend de la géométrie du pin deck.
La géométrie du triangle de quilles de bowling
Les 10 quilles de bowling sont disposées en triangle équilatéral sur le pin deck, la plateforme finale de la piste. Trois chiffres officiels USBC à connaître :
- Le triangle mesure 36 pouces de côté, soit 91,4 cm.
- Chaque quille de bowling a son centre à 12 pouces (30,48 cm) du centre de ses voisines.
- Le diamètre de la boule de bowling standard est de 8,5 pouces (21,6 cm).
Si tu fais le calcul, tu remarques quelque chose : ta boule ne passe pas entre deux quilles. Elle frappe une quille, qui en frappe une autre, qui en frappe une autre — c’est une cascade, pas une trajectoire entre les obstacles. La trajectoire dans la « poche » optimise précisément cette cascade.
La poche du strike : pour droitier (1-3) et gaucher (1-2)
La poche du strike (en anglais pocket) est la zone d’impact qui maximise la chute des dix quilles. Elle se situe :
- Entre les quilles 1 et 3 pour un droitier.
- Entre les quilles 1 et 2 pour un gaucher.
Pour un droitier, viser la quille 1 directement n’apporte presque jamais de strike : la boule ricoche, la quille 5 ou la quille 8 reste debout, et tu finis sur un split compliqué. Viser entre 1 et 3, en revanche, place la boule en biais sur le bord droit de la quille 1, ce qui transmet l’énergie cinétique selon deux axes complémentaires.
Pour un gaucher, c’est l’image en miroir : la « poche gauche » entre les quilles 1 et 2.
La réaction en chaîne pin-by-pin
Voici, pour un droitier, comment se déroule un strike textbook quand la boule entre proprement dans la poche.
- La boule frappe simultanément la quille 1 et la quille 3.
- La quille 1 est éjectée vers la gauche, percute la quille 2, qui à son tour percute la quille 4, qui termine sur la quille 7.
- La quille 3 est éjectée vers la droite, percute la quille 6, qui termine sur la quille 10.
- La boule poursuit sa course en s’enfonçant dans le triangle, frappe la quille 5 puis la quille 9 sur sa lancée.
- La quille 8, en bout de cascade, est touchée par les ondes secondaires de la 4 ou de la 5 selon l’angle.
Pour un gaucher, c’est la symétrie parfaite : 1 → 3 → 6 → 10 / 2 → 4 → 7 / boule sur 5 et 8 / quille 9 finale.
Quand un seul de ces transferts d’énergie échoue, il reste une quille debout — souvent la 10 (pour un droitier qui frappe trop léger) ou la 7 (pour un droitier qui frappe trop creux). On appelle ça respectivement un light hit ou un deep hit. Aucun n’est un strike.
- Viser le centre du tas au lieu de la poche → split assuré, parce que la quille 5 reste debout
- Lancer trop fort (au-dessus de 18 km/h) → les quilles sont éjectées sans cascade et la 10 reste debout
- Lancer trop mou (sous 12 km/h) → la cascade s’éteint avant les quilles 7 et 10
- Stopper le bras au lâcher → la trajectoire devient parasite, la boule dérive

Où viser : la flèche 3.
Tu ne vises pas la poche directement. C’est trop loin, et l’œil humain n’a pas la précision pour ça à 18 mètres. À la place, les bowleurs visent un repère intermédiaire sur la piste : la flèche.
Les flèches comme repères de visée
La piste de bowling possède sept flèches imprimées dans le bois ou sur le synthétique, à environ 4,5 mètres de la ligne de faute. Ce sont les arrows en anglais. Elles forment un V qui pointe vers les quilles, avec la flèche centrale (flèche 4 dans notre numérotation, sur la 20e latte) alignée parfaitement sur la quille 1.
Les lattes (boards en anglais) sont les 39 lames parallèles qui composent la piste. Elles sont numérotées de 1 (côté droit pour un droitier qui regarde les quilles) à 39 (côté gauche). Les flèches occupent les lattes 5, 10, 15, 20, 25, 30 et 35.
La flèche 3, votre alliée principale
Pour un droitier, la flèche 3 se trouve sur la 15e latte. C’est elle que la quasi-totalité des coachs fédéraux te recommandera de viser pour aligner ta trajectoire sur la poche. La fédération américaine détaille cette technique dans la page Striking 101 de la USBC.
Pour un gaucher, c’est l’image en miroir : la flèche 2 sur la 25e latte (c’est la même flèche dans l’absolu, juste numérotée différemment selon ton repère).
L’idée derrière cette visée : la flèche 3 t’offre une trajectoire qui passe diagonalement sur la piste, traversant doucement de l’extérieur vers l’intérieur, pour finir dans la poche. Cette légère diagonale (entre 4 et 6 degrés selon ta vitesse) est exactement l’angle qui maximise l’effet domino.
Numéro personnel et 21e latte
Pour viser correctement la flèche 3, il ne suffit pas de la regarder : il faut placer ton corps au bon endroit sur l’approche. Ce placement s’appelle ton numéro personnel : la différence entre la latte de la flèche que tu vises et la latte sur laquelle tu poses ton pied de glissement.
Pour la grande majorité des bowleurs droitiers, ce numéro est 6. Tu places donc l’intérieur de ton pied gauche (pied de glissement pour un droitier) sur la 21e latte — soit 15 (latte de la flèche 3) + 6.
Pour un gaucher, c’est le pied droit sur la 21e latte également, en miroir.
Ton numéro personnel peut varier de 4 à 9 selon ta morphologie, ta longueur de bras, ton style d’approche et la rotation que tu donnes à la boule. La méthode pour le trouver : pose-toi sur la 21, lance trois boules en visant la flèche 3, observe où ta boule entre dans les quilles. Si elle entre trop léger (light hit, quille 10 debout), décale-toi d’une latte vers la gauche. Si elle entre trop creux (deep hit, quille 7 debout), décale-toi d’une latte vers la droite. Trois ajustements suffisent généralement à caler ton numéro.
Pour le détail complet du geste de lancer en cinq phases — approche, swing, lâcher, suivi, finition — réfère-toi à notre guide dédié au geste de lancer d’une boule de bowling.
Vitesse, angle et rotation.
Au-delà du placement, trois variables physiques déterminent la qualité du strike. Elles sont rarement enseignées aux débutants, mais elles séparent radicalement le bowleur occasionnel du bowleur progressé.
La bonne vitesse : 14 à 17 km/h
Une boule de bowling efficace pour le strike voyage à 14-17 km/h quand elle entre dans la poche. C’est la fenêtre validée par les coachs USBC : assez d’énergie cinétique pour entretenir la cascade, pas trop pour que les quilles soient éjectées hors trajectoire.
En dessous de 12 km/h, la cascade s’essouffle. Au-dessus de 20 km/h, les quilles sortent vers les côtés sans propager l’onde — c’est le piège classique du joueur qui « force » sa boule.
Comment mesurer ta vitesse sans appareil ? Sur la plupart des pistes équipées de scoring moderne, ta vitesse est affichée à l’écran après chaque lancer. Sinon, observe la durée entre le lâcher et l’impact : environ 2,5 secondes pour 14 km/h, 2 secondes pour 17 km/h.
L’angle d’entrée idéal : 4 à 6 degrés
L’angle d’entrée désigne l’inclinaison de la trajectoire de la boule au moment où elle touche la poche. Idéalement, cet angle se situe entre 4 et 6 degrés par rapport à l’axe de la piste — un peu plus fermé pour les boules réactives qui hookent fort, un peu plus ouvert pour les boules droites de râtelier. Les fiches techniques de la Brunswick Bowling University détaillent cette mécanique.
C’est cet angle qui « ouvre » la cascade. Une boule qui entre droit (angle 0°) frappe la quille 1 frontalement et a peu de chance d’éjecter proprement les quilles 5, 8, 9 ou 10. Une boule qui entre à 4-6° emporte tout le triangle.
La rotation et le hook
La rotation désigne le nombre de tours par minute que la boule effectue sur elle-même. Les bowleurs amateurs avec boule de râtelier tournent autour de 150-250 tpm. Un bowleur progressé avec sa boule personnelle réactive monte à 300-450 tpm. Les pros PBA atteignent 500 tpm et plus.
Cette rotation crée le hook — la courbe latérale visible en fin de trajectoire — qui permet d’obtenir un angle d’entrée plus fermé sans changer le placement de départ. C’est un sujet à part entière qui sera traité en détail dans notre guide dédié à l’effet de courbe au bowling. Pour cet article, retiens juste qu’un débutant peut très bien faire des strikes sans hook, en visant juste et en jouant droit. Les conseils techniques du constructeur Storm Bowling approfondissent ces réglages pour les boules réactives.
- Pocket : la poche, espace entre quilles 1 et 3 (droitier) ou 1 et 2 (gaucher)
- Light hit : la boule entre trop sur l’extérieur de la poche → quille 10 isolée
- Deep hit : la boule entre trop creux → quille 7 isolée
- Brooklyn : strike où la boule entre du « mauvais » côté (1-2 pour un droitier) — c’est un strike valable mais imprévu
- Ringing 10 : la quille 10 qui tourne autour de son axe sans tomber, frustrant
- Sleeper (ou bicycle) : quille cachée derrière une autre, courante dans le 2-8 ou le 3-9
- Messenger : quille qui traverse la cascade en glissant et abat une autre quille hors de portée directe
- Dinger : strike chanceux obtenu malgré une mauvaise trajectoire — le bowleur lève les bras et fait semblant que c’était voulu
Avant de viser un strike, maîtrise le geste.
Le strike récompense la rigueur. Avant la flèche 3 et la poche, il y a la prise, l’approche en quatre pas, le lâcher au pied de glisse et l’accompagnement. Notre guide pas-à-pas du lancer reprend tout proprement.
Voir le geste de lancer en 5 phases →Strike vs spare : ne plus confondre.
Le strike et le spare sont les deux façons d’abattre les 10 quilles de bowling sur une frame. Mais ils ne se valent ni en exécution, ni en points, ni en effet sur le score final.
Différencier le strike et le spare est la première étape pour comprendre la mécanique de score d’une partie de bowling. Voici les six aspects qui les opposent point par point.
| Aspect | Strike | Spare |
|---|---|---|
| Quilles abattues | 10 quilles d’un coup | 10 quilles en deux lancers |
| Symbole sur la feuille | X | / (slash) |
| Bonus suivants | 2 lancers reportés | 1 lancer reporté |
| Maximum de la frame | 30 points | 20 points |
| Difficulté en partie | Élevée (placement + énergie + angle) | Moyenne (rattrapage possible) |
| Effet sur la moyenne | Multiplicateur fort | Stabilisateur |
Un bowleur amateur qui veut grimper sa moyenne devrait viser le spare avant le strike : un strike improbable mais un spare régulier garantit déjà une moyenne autour de 140-160. Le strike vient quand le placement est calé. Pour le détail complet du calcul de score frame par frame, réfère-toi à notre guide dédié au règlement du bowling.
Combien de strikes les joueurs font vraiment.
Voici la partie que personne ne te raconte dans les blogs des salles. Les chiffres officiels USBC mettent les choses en perspective.
Taux de strike par niveau de pratique
Les statistiques USBC, bien que variables selon les sources et les huilages, donnent les ordres de grandeur suivants pour un bowleur droitier sur huilage de salle classique :
| Niveau | Moyenne de partie | Taux de strike par lancer |
|---|---|---|
| Débutant occasionnel | 70-100 pts | 5 à 15 % |
| Amateur régulier (10 parties / mois) | 130-160 pts | 20 à 35 % |
| Bowleur licencié intermédiaire | 170-190 pts | 40 à 55 % |
| Bowleur licencié avancé | 200-220 pts | 55 à 70 % |
| Pro PBA | 220+ pts en moyenne | 75 % et plus |
Concrètement : sur une partie standard de 10 frames, un débutant occasionnel fait souvent 0 ou 1 strike, un amateur régulier en fait 2 à 4, un licencié intermédiaire en fait 4 à 6, et un pro en fait 6 à 9 — sans compter ses spares qui sont quasi systématiques sur les coups manqués.
Le perfect game à 300 points : graal mythique
Le perfect game à 300 points — douze strikes consécutifs — est le rêve de tous les bowleurs. Il est moins rare qu’on l’imagine sur le territoire américain : la USBC certifie environ 50 000 à 60 000 perfect games par an depuis le début des années 2000, contre quelques centaines par an dans les années 1980.
Cette explosion s’explique par trois facteurs : la démocratisation des boules réactives (résine au lieu de polyester) qui hookent plus fort et permettent un meilleur angle d’entrée, l’amélioration des huilages de salle, et l’augmentation du nombre de bowleurs licenciés. Pour un licencié français, les statistiques sont moins formelles, mais les coachs FFBSQ estiment qu’un 300 sur licence se produit plusieurs centaines de fois par an en France, principalement chez les bowleurs avancés.
À retenir : pour un débutant occasionnel, faire un perfect game tient du miracle statistique. Pour un licencié sérieux qui s’entraîne deux fois par semaine, c’est un objectif réaliste sur quelques années.
La série 900 : record absolu trois jeux parfaits d’affilée
La série 900 désigne l’enchaînement de trois parties parfaites consécutives lors d’une session officielle (3 × 300 = 900 points). C’est la performance la plus rare du bowling.
Depuis la première certification USBC en 1997 par Jeremy Sonnenfeld, moins de 40 séries 900 ont été certifiées dans toute l’histoire du bowling mondial. À titre de comparaison, plus de gens ont escaladé l’Everest sans oxygène que de bowleurs ont enchaîné trois parties parfaites en certification officielle.
Le légendaire Glenn Allison a réussi une série 900 en juillet 1982, dix-sept ans avant la certification officielle USBC. Sa performance n’a jamais été homologuée parce que les conditions d’huilage de la salle ne respectaient pas le standard fédéral du moment. Allison reste pourtant, dans la culture bowling américaine, l’auteur de la « première vraie 900 » — un débat passionné qui occupe encore les forums spécialisés chaque été.
Le strike, c’est 80 % de placement et 20 % de geste. Le bowleur amateur veut frapper fort, le bowleur progressé veut placer juste. Le bras parfait sans le bon décalage, c’est une quille 10 isolée à chaque fois. Travaille ton numéro personnel pendant trois parties consécutives avant de toucher au reste — ta moyenne grimpera plus vite qu’avec n’importe quel changement de boule.

Les erreurs qui sabotent tes strikes.
Tu rates des strikes que tu sembles « mériter » techniquement ? Le tableau ci-dessous recense les six causes majeures d’échec et leur correction terrain.
Chaque ligne est une auto-correction qui ne demande aucun nouveau matériel. Travaille une erreur à la fois, jamais deux à la fois.
| Erreur observée | Cause technique | Correction concrète |
|---|---|---|
| Boule entre par le centre, split fréquent (5-7-10) | Tu vises la quille 1 directement au lieu de la poche | Décale-toi vers la latte 21 et vise la flèche 3, jamais la quille |
| Boule trop forte, quilles éjectées sans cascade | Vitesse au-dessus de 20 km/h | Ralentis : freine sur la phase d’élan, pas sur le lâcher |
| Boule trop molle, quille 5 ou 8 reste debout | Vitesse en dessous de 12 km/h | Allonge ton pas final et accompagne le bras jusqu’au sommet |
| Quille 10 isolée à chaque lancer (light hit) | Angle d’entrée trop léger | Décale-toi d’une à deux lattes vers la gauche (droitier) |
| Quille 7 ou Brooklyn imprévu (deep hit) | Angle d’entrée trop creux | Décale-toi d’une à deux lattes vers la droite (droitier) |
| Bras qui s’arrête à mi-course | Arrêt prématuré du geste, peur du lâcher | Termine ta finition bras vers le ciel, main passe derrière la tête |
Pour les autres erreurs classiques du bowleur débutant — tenue de la boule de bowling, position des pieds, gestion du regard, respiration — réfère-toi à notre guide complet du bowling débutant.
La régularité bat la force, le placement bat la puissance.
La flèche 3 bat l’instinct du « viser le tas ». Travaille ton numéro personnel pendant trois parties consécutives sans rien changer d’autre, et ta moyenne grimpera plus vite que par n’importe quel changement de boule. Le strike récompense la rigueur géométrique, pas la pulsation cardiaque.
Le glossaire du strike.
Quatorze termes que tu entendras au bord d’une piste de bowling premium ou sur une retransmission de compétition. À garder sous la main.
Tes questions sur le strike.
Les réponses synthétiques aux questions les plus fréquentes sur le strike au bowling.
Qu’est-ce qu’un strike au bowling exactement ?
Un strike est l’action d’abattre les 10 quilles de bowling d’un seul lancer, avec la première boule de la frame. Il est noté X sur la feuille de score, clôt la frame en un seul jet, et déclenche un comptage différé : ses points dépendront des deux lancers qui suivent.
Combien de points vaut un strike au bowling ?
Un strike rapporte 10 points plus le total des deux lancers suivants. Le maximum théorique est donc 30 points (10 + 10 + 10), atteint quand le strike est suivi de deux strikes. Sur une partie complète, le maximum absolu est 300 points, soit 12 strikes consécutifs.
Pourquoi dit-on « strike » au bowling ?
Le mot vient de l’anglais to strike, qui signifie « frapper » et plus précisément « abattre tout d’un coup ». L’expression s’est fixée dans le bowling américain au tournant du XXe siècle pour désigner ce coup unique qui fauche toutes les quilles de bowling en une seule action.
Où faut-il viser pour faire un strike ?
Vise la flèche 3 (15e latte) si tu es droitier, la flèche 2 si tu es gaucher. Ton corps se place sur la 21e latte (numéro personnel 6 par défaut). Tu vises la flèche, pas la quille — la trajectoire diagonale créée par ce placement amène la boule dans la poche entre les quilles 1 et 3 (droitier) ou 1 et 2 (gaucher).
Combien vaut un double, un turkey, un hambone ?
Un double (2 strikes consécutifs) ne vaut pas un nombre fixe : la première frame vaudra 10 + 10 + (lancer suivant). Un turkey (3 strikes consécutifs) propulse la première frame à 30 points pleins. Un hambone ou four-bagger (4 strikes consécutifs) garantit deux frames à 30 points chacune.
Quelle vitesse de boule pour faire un strike ?
Entre 14 et 17 km/h au moment de l’impact. En dessous de 12 km/h, la cascade s’essouffle. Au-dessus de 20 km/h, les quilles sont éjectées sans propager l’onde. Si ta piste affiche la vitesse à l’écran, c’est ton meilleur indicateur en temps réel.
Quel est le score maximum au bowling ?
300 points. Ce score s’obtient uniquement avec 12 strikes consécutifs : 10 dans les frames classiques, plus 2 strikes bonus dans la dixième frame. C’est le perfect game. La USBC en certifie environ 50 000 à 60 000 par an aux États-Unis.
Combien de strikes faut-il pour un jeu parfait à 300 ?
12 strikes consécutifs. Les 10 strikes des frames 1 à 9 et de la première boule de la 10e frame, plus les 2 strikes bonus accordés en 10e frame quand on commence cette frame par un strike. Trois cents points pile, jamais 301, jamais plus.
À toi la flèche 3.
Tu connais maintenant la règle, le comptage, la poche et les paramètres. Deux directions pour passer à l’action : approfondir le geste de lancer, ou trouver une salle pour mettre tout ça en pratique.
